Bruxelles : comment lutter contre le décrochage scolaire ?

Au SAS de Bruxelles-Midi, des ateliers artistiques sont proposés aux jeunes en décrochage scolaire (Crédit photo : Renson Louise)
06-12-2018   Bénédicte Lokoso, Quentin Damman, Louise Renson

Démotivation, ennui à l’école, harcèlement… Autant de facteurs d’absentéisme scolaire, qui mènent parfois à un décrochage total. A Bruxelles, l’abandon scolaire précoce concerne plus d’un jeune sur 10.  

En 2010, le Conseil européen a adopté la stratégie « Europe 2020 », assignant aux États membres un certain nombre d’objectifs en matière d’éducation et de formation. L’un de ces objectifs : faire passer le taux européen d’abandon scolaire précoce (ASP) sous la barre des 10 % d’ici 2020. La Belgique s’est alors engagée à ramener le taux d’ASP à 9,5 %.

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Le taux d’abandon scolaire précoce, c’est quoi ?

Le taux d’ASP concerne les jeunes de 18 à 24 ans qui n’ont pas obtenu leur diplôme de l’enseignement secondaire supérieur (CESS) et qui ne suivent plus aucun enseignement ni formation. Chez nous, en 2016, le taux d’abandon scolaire précoce s’élève à 8,8 %. La Belgique est donc bonne élève ? Oui, mais lorsqu’on creuse un peu, on constate des différences importantes selon les Régions.

Taux d’abandon scolaire précoce par régions en 2016
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A Bruxelles, que fait-on pour éviter cette situation ?

La prévention

Des dispositifs de prévention sont mis en place par la Communauté française depuis plusieurs années. Parmi eux, le Service de Médiation scolaire, qui offre un espace d’écoute et d’aide à la réflexion. Nathalie (nom d’emprunt) est médiatrice scolaire à l’Athénée Royal Crommelynck de Woluwe depuis 10 ans. Elle insiste : son travail s’inscrit, non pas dans la lutte, mais dans la prévention du décrochage scolaire. Le pari de la médiation : rétablir un climat de confiance pour que chacun trouve sa place.

« Se sentir bien dans sa classe, avoir une chouette relation avec ses profs, c’est plus motivant. On peut imaginer que ça aide les élèves à venir régulièrement », explique la médiatrice.

D’autres facteurs rentrent en compte : l’environnement familial, le harcèlement à l’école, l’âge, le sexe… Selon les statistiques, les garçons sont en effet plus sujets au décrochage scolaire que les filles.

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L’art pour lutter contre le décrochage scolaire  

Une fois que les jeunes ont décroché, il ne s’agit plus de prévention. Il existe alors des structures d’aide, notamment le Service d’accrochage scolaire (SAS), institué par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Trois SAS sont actifs à Bruxelles : Parenthèse, Seuil et Bruxelles Midi. A terme, l’objectif des SAS est la réintégration des élèves mineurs dans une structure scolaire ou une structure de formation.

Au SAS de Bruxelles Midi, deux projets sont proposés aux jeunes : un projet individuel, qui consiste en une mise en stage, et un projet collectif avec des ateliers artistiques (théâtre, peinture, cirque, marionnettes…). « L’art, c’est très puissant comme médium. Ça permet de vivre et d’exprimer des choses, de travailler le rapport à l’autre. Ce qui manque beaucoup dans les écoles, c’est ce travail sur la cohésion d’un groupe », explique Aurélie Wancquet, animatrice socio-culturelle au SAS de Bruxelles Midi.

Selon une étude réalisée par la KU Leuven en 2017, 45 % des élèves bruxellois présentent un risque de décrochage scolaire. Malgré les nombreux services mis en place pour venir en aide aux élèves en décrochage, c’est la volonté du jeune qui reste l’élément clé de sa réussite.

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