Burim Demiri, une source tranquille

02-03-2017  

Plus jeune conseiller communal du conseil Schaerbeekois et également premier élu albanais de la commune, Burim Demiri est un homme politique en devenir. Installé dans une majorité DéFi super efficace, le jeune homme observe et apprends de ses aînés, tout en étant un relais efficace de la communauté albanaise de Schaerbeek.

Accoudé au bar « pause café » où nous avons rendez-vous, Burim m’accueuille discrètement, dans le bar d’un ami albanais. Il veut d’abord en savoir un peu plus sur l’article, mais très vite, il m’explique -sur un ton saccadé et en prenant son temps- comment sa famille s’est implantée, petit à petit, tout proche de la maison communale, dans la commune des ânes.

Un exode albanais

Le jeune élu (29 ans) schaerbeekois raconte l’histoire de son père, Albanais-Macédonien qui quitta son pays et sa ville d’origine, Kumanova, pour la Suisse, il y a presque 40 ans.
Sur les pas du colonel Muharrem Bajraktari, figure albanaise importante de la deuxième guerre mondiale ayant œuvré contre le régime communiste de Enver Hoxha et exilé à Schaerbeek, Isen Demiri n’arrivera jamais jusqu’aux cantons helvètes mais trouvera l’asile politique en Belgique avant de s’installer, lui aussi, à Schaerbeek. Le paternel est carrossier et se construit un petit capital avant d’acheter une première maison rue Metsys. C’est le début d’une longue histoire entre les albanais et Schaerbeek, « la capitale des albanais de Belgique », lâche-t-il dans un sourire.

Un garçon discret, un homme investi

Sur lui, Burim ne dit pas grand chose : il préfère parler de la communauté albanaise, des associations, de la vie de quartier, de l’immobilier, de l’actualité. En quelques mots, il donne son parcours : l’école primaire « les platanes » à deux pas de la grande maison communale, les humanités à Franz Fischer, ses classes de football au F.C. Kosova, ses études d’architecte d’intérieur, son nom: « Burim » qui signifie « source » et le ramène sans cesse à ses origines. C’est à peu près tout.

Une fois les études finies, le jeune homme commence à s’investir dans l’immobilier, et rencontre Bernard Clerfayt, le bourgmestre de Schaerbeek, qui sent vite l’intérêt de Burim pour les affaires urbanistiques et son envie de jouer un rôle au sein de la commune. D’abord inscrit au MR, avant que le FDF ne s’en sépare, le jeune homme se présente donc aux élections communales en 2012 et remporte -à son plus grand étonnement- un siège en tant que conseiller communal. Il est le premier élu d’origine albanaise de la commune.

Une majorité forte et une opposition apaisée

Aux conseils communaux, Burim se fait discret, écoute, prend des notes, observe et enregistre chacune des séances minutieusement. Quand on discute de son parti, DéFi, l’élu schaerbeekois évoque tout de suite son admiration pour ses deux mentors: Michel De Herde et Bernard Clerfayt -qui l’ont poussé à se présenter en 2012- mais aussi Cécile Jodoigne -échevine empêchée et secrétaire d’Etat à la Région- avec qui il s’entend parfaitement. Burim a également quelques mots sur l’ancien chef de file du PS à Schaerbeek Yves Goldstein qui avait le don d’animer les débats, mais aussi Laurette Onkelinx (PS) ou Georges Verzin (MR). Pour l’instant, Burim découvre et explique avoir encore beaucoup à apprendre, mais on sent chez lui une force tranquille, quelque chose qui force le respect.

Un caractère qui force le respect

Dès que quelqu’un rentre dans le café où nous sommes, il y a un petit geste de sympathie, une poignée de main, un mot, un sourire envers Burim. Forcément, il est devenu le porte-voix de sa communauté, quelqu’un d’apprécié et de sollicité. Entre son rôle d’administrateur chez Sibelga, de commissaire chez Vivaqua et ses clients, le conseiller communal prend aussi le temps de recevoir les habitants du quartier -principalement des commerçants albanais- mais parfois aussi d’autres personnes, et les écoute, histoire de rester proche de la population.

La plupart du temps, les riverains viennent le voir avec des projets de constructions.  Ils veulent « Construire, construire, construire » explique-t-il. Alors Burim prend son temps, et explique patiemment au gens l’intérêt de penser d’abord à rénover plutôt qu’à construire frénétiquement, sans penser au paysage Schaerbeekois.

« Rénover plutôt que construire »

Parce qu’il est encore jeune, parce qu’il découvre encore la politique ou parce qu’il fait partie d’une majorité qui « roule » bien et peut se targuer d’un bilan positif, ses interventions lors des rassemblements mensuels dans la belle et grande maison communale se font rares. Mais Burim n’en est pas moins passionné, et il continue d’apprendre aux côtés de ses collègues -échevins, bourgmestre ou conseillers-, tout en restant à l’écoute de sa communauté.

 

Milan Berckmans, Halima Moane, Claire Carosone

 

Crédit photo: Milan Berckmans

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