Jardin Gray en eaux troubles

20-10-2016  

Alors que les villes sont toujours plus grises et plus polluées, quelques citoyens parviennent à leur apporter une touche de verdure et de fraîcheur. C’est le cas des potagers collectifs implantés en plein cœur des grandes villes.

Le but est de faire partager la joie de cultiver ses propres fruits et légumes aux riverains et conscientiser les jeunes à l’importance de préserver la biodiversité. À condition d’y mettre du sien ; d’où le mot collectif, chacun participe au compostage, à l’entretien, etc. Il est malheureusement difficile de faire persister ces jardins ; les communes voulant profiter au maximum de leurs territoires et améliorer le rendement. Je suis parti à la rencontre de l’un deux, le « Jardin Collectif Gray », situé au 108 rue Gray (à cheval entre Ixelles et Etterbeek), afin d’en savoir plus.

Pour m’accueillir dans le jardin, Larbi et Ioana sont présents. Le premier est l’un des membres fondateurs de ce collectif et la seconde en est la gestionnaire actuelle. J’apprends que l’idée de ce jardin a germé il y a bientôt 10 ans dans la tête des membres de l’ASBL « Le Début des Haricots » . Elle se réalisera en 2007 et ainsi naît le jardin collectif.

Depuis 2010, le jardin est géré de manière autonome par les citoyens qui veulent mettre leur temps libre à bon escient.

La cause de leurs soucis vient du fait que le terrain appartient à la régie foncière de la ville de Bruxelles et qu’ils peuvent s’en occuper pour l’instant sur base d’une convention d’occupation précaire à durée indéterminée. Or, la ville d’Ixelles a racheté le terrain pour réaménager dans le cadre du contrat de quartier durable : (programme mené par la Région de Bruxelles-Capitale dans le but de revitaliser les quartiers fragilisés comme le dit le site de la ville d’Ixelles). Ainsi, la ville entend revaloriser le jardin et lui donner (enfin) un statut officiel, mais par la même occasion construire des logements ainsi qu’une aire de jeux à proximité. Il faudra par conséquent raser même si des promesses ont été faites entre les partis pour garder la même surface cultivable et dépolluer le sol afin de pouvoir le cultiver (la culture se fait pour le moment dans des bacs).

Malgré cela, le jardin se porte bien et perdure depuis sa création grâce à des membres de courte ou longue durée (pour cause de déménagements ou manque de temps). Ioana me confie même que la liste d’attente pour faire partie du comité d’entretien ne se désemplit pas. Les habitants de la rue Gray ont donc bon espoir et peuvent dormir sur leurs deux oreilles, du moins jusqu’en mai prochain : date de début des travaux.

Crédits photo et logo : Robin Caballero

Luca Bellucci

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