Elections communales 2018

La lutte contre le glyphosate ? « Un projet de vie »

Francesco Ajena (au milieu) avec ses collèges lors de la visite d'une ferme. (Crédit photo : Marie-Belle Parseghian)
31-10-2018   Marie-Belle Parseghian

Le glyphosate a profité de la victoire du Parti Ecolo pour faire parler de lui. Mais pour Francesco Ajena, le débat doit prendre une autre tournure et insister sur les dégâts environnementaux.

Francesco Ajena n’en est pas à sa première discussion sur le glyphosate. Politologue spécialisé en agroécologie et en système agricoles durables, il occupe actuellement le poste de conseiller en politique agricole, alimentaire et santé pour le parti vert francophone belge. Un bel atout lorsque l’on sait à quel point ces dossiers d’herbicides sont délicats.

Le glyphosate est un herbicide puissant et, selon certaines études, probablement cancérigène pour l’homme. Francesco Ajena cherche à aller plus loin que ce débat centré sur la santé humaine. Pour lui, il faut lutter contre le glyphosate qui s’oppose aussi à un système d’agriculture durable. « Cette lutte intégrée contre les ravageurs, permettra bientôt de récréer un équilibre naturel entre les écosystèmes et lutter contre l’appauvrissement des sols et la pollution des eaux, » explique Francesco Ajena.

« Un cercle vicieux »

Le politologue rappelle alors que le glyphosate est un « cercle vicieux » qui amène les agriculteurs à une certaine dépendance : « Plus on utilise du glyphosate, plus la fertilité des sols sera faible. Et plus ce rendement sera mince et plus on utilisera du glyphosate », explique Francesco Ajena.
Son combat, qu’il partage selon lui avec les Ecolos, n’est pas tant une lutte contre le glyphosate mais une lutte contre un modèle agricole qui n’est ni bon pour la rentabilité à long terme de la productivité du sol, ni bon pour l’environnement et donc pour l’humain.

Des alternatives naturelles existent et ont révélé leur efficacité. Francesco Ajena n’hésite pas à interpeller le gouvernement : « Il faut investir pour ce projet politique, devenu un projet de vie, conclue le conseiller. Nous sommes dépendants d’un schéma que nous avons nous-mêmes créé et aujourd’hui, nous n’arrivons plus à s’en défaire…  »

 

Pour aller plus loin :
– https://www.greeneuropeanjournal.eu/working-with-nature-or-against-it

– https://www.lecho.be/economie-politique/europe/general/l-europe-recale-l-interdiction-du-glyphosate-par-la-region-bruxelles-capitale/10061811.html

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