L’écriture inclusive, des accords et désaccords

23-11-2017  

Le 21 novembre, le Premier ministre français, Edouard Philippe a banni l’utilisation de l’écriture inclusive des textes officiels et continue ainsi d’affirmer que le masculin l’emporte sur le féminin.

Depuis cette rentrée, le débat agite l’opinion publique. Des associations féministes aux Sages de l’Académie française, tout·e·s se sont prononcé·e·s sur le sujet. Eminemment nécessaire pour les un·e·s, complètement inenvisageable pour les autres, le recours à l’écriture inclusive interroge, dérange, bouscule les sacro-saintes conventions de la langue française.

Qualifiée de « novlangue » par ses détracteurs·trices (évoquant au passage le dystopique 1984 d’Orwell), l’écriture inclusive et ses principes restent pourtant méconnus.

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L’écriture inclusive, une fin en soi pour la parité ? Pas forcément. Pour Pauline Gaïa-Laburte, écrivain·e, il faudrait commencer par être convaincu de l’égalité homme-femme avant que cela ne passe dans la langue : « Vouloir l’imposer ex nihilo est une erreur. Le langage change quand les représentations sociales évoluent ».

Si certain·e·s voient dans sa suppression une hérésie, force est de constater que la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin ne date en réalité que du XVIIe siècle. Une époque où la place des femmes et autres futilités liées au genre n’étaient pas tellement prises en compte par les académiciens.

Le langage serait alors politique ? Michel Francard, linguiste, explique à la RTBF que si l’Académie française avait basculé dans ce sens-là, « c’est tout simplement parce que les académiciens et les gens cultivés de cette époque ont considérés qu’il y avait deux genres grammaticaux. L’un des deux, le masculin, l’emportait, parce que « Le mâle l’emporte sur la femelle », c’est aussi simple que cela. »

Une interdiction que Raphaëlle Rémy-Leuleu, porte-parole d’Osez le Féminisme, a dénoncé sur Twitter : 

 

Crédit photo : Chairman of the Joint Chiefs of Staff

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