Paul Magnette trop enthousiaste sur les chiffres wallons

22-12-2016  

Invité de Pascal Vrebos sur le plateau de BelRTL, dimanche dernier, Paul Magnette a présenté une vision très optimiste de l’économie wallonne.
Le Ministre Président de la Wallonie a mis en avant sa politique du « Acheter Wallon », les chiffres positifs de l’emploi, ainsi que l’endettement relativement faible de sa région.
Retour sur les chiffres avancées, un peu trop enthousiastes.

« Chaque année, en Wallonie, on crée entre 5 000 et 10 000 emplois de plus que ceux qui ont été détruits l’année précédente. »

PAS EXACTEMENT

Ce constat est exact pour la période 2014-2015 mais pas pour les précédentes. Lorsque l’on fait la différence entre les emplois créés et détruits en Wallonie entre 2014 et 2015, on arrive bien à un surplus de 5 645 emplois. Néanmoins, ce chiffre est le plus élevé des quatre dernières années. Un surplus de « 10 000 emplois » n’a jamais été atteint.

Plus encore, pour les périodes précédentes, le nombre d’emplois détruits est supérieur au nombre d’emplois créés.

Mais Paul Magnette peut se féliciter de l’inversion de la tendance à partir de 2014, d’autant que le chômage baisse en Wallonie depuis deux ans.

« La Wallonie est 5 fois moins endettée que la maison Belgique dans son ensemble. »

C’EST VRAI MAIS

La dette wallonne est de 22 milliards d’euros et son PIB de 90 milliards. Donc elle représente 23% du PIB de la Wallonie. La dette du gouvernement fédéral est, elle, à 107% du PIB de la Belgique. La Wallonie est donc, au regard de ces chiffres, 5 fois moins endettée que la Belgique. Paul Magnette prend ce chiffre comme un exemple de réussite. La Wallonie a en effet un taux d’endettement raisonnable par rapport à la Belgique.


Mais la Belgique étant un état fédéral, la Wallonie, tout comme la Flandre et Bruxelles, ne peut se détacher de cette dette nationale qui la concerne tout autant. Ce chiffre de 107% représente certes un problème belge, mais aussi wallon. Chaque région est responsable de cette dette générale du pays en raison du principe de solidarité inter-régionale. Plus encore, selon Pierre Havaux, journaliste au Vif, la Wallonie est le « mauvais élève » de la dette belge : c’est l’entité qui participe le moins au remboursement de cette dette. La Flandre est celle qui paye le plus. Inégalité qui exaspère les nationalistes flamands et a récemment créé une polémique

Voir : « Qui est responsable de la dette belge ? »

 

Aline Bué et Claire Carosone

@BelRTL

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