Les élus de la ville de Bruxelles vous ressemblent-il?

Le rôle des élus du conseil communal de la ville de Bruxelles est de représenter la population pour répondre à leurs attentes. Mais une réelle représentation est difficile malgré des efforts venant de la commune.

La question de la représentation de la population est une préoccupation récurrente à Bruxelles. En 2012, la ville de Bruxelles a d’ailleurs mis en place un plan de diversité. Ses objectifs étaient de faire en sorte que le personnel de la ville de Bruxelles soit composé davantage de jeunes de moins de 26 ans, de personnes provenant du dehors de l’Union Européenne, d’individus sans diplôme ou de personnes souffrant d’un handicap.

Au conseil communal de la ville de Bruxelles la représentation des femmes s’est tout d’abord imposée: aujourd’hui il y a 24 femmes sur 50 élus. En effet, la législation impose depuis 2006, la parité homme-femme sur les listes communales de la région Bruxelloise. Aux élections de 2018, la parité devra aussi être parmi par les têtes de liste et non pas uniquement sur l’ensemble des listes communales selon une ordonnance de mars 2012.

La ville de Bruxelles est notamment une commune particulière par sa moyenne d’âge : en 2015, elle était de 36,1 ans. Un quart de la population a moins de 18 ans en 2015 selon l’IBSA. En comparaison la moyenne d’âge des élus est de 50,35 ans.Ce décalage entre l’âge moyen de la population et celui des élus semble difficile à diminuer. En effet, les élus auront quasiment toujours autour de la trentaine car c’est la moyenne d’âge du commencement de la carrière professionnelle, après les études. A cela s’ajoute la nécessité pour un candidat d’être populaire pour pouvoir être élu par la population de Bruxelles. Cela induit que les candidats auront une carrière derrière eux et seront plus âgés.

La multiculturalité, autre élément représentatif de la population Bruxelloise

La population de la ville de Bruxelles a des origines très diverses : environ 30% de la population n’est pas belge.

Les étrangers domiciliés à Bruxelles et ressortissants de l’Union Européenne peuvent voter aux municipales depuis 1999 et ceux non-ressortissants de l’UE ont dû attendre 2006. Les étrangers ne sont cependant pas éligibles.

En Belgique, les naturalisations sont nombreuses chaque année. Une étude du SPF Economie montre qu’en 2014, plus de 18 000 personnes ont acquis la nationalité belge. Les personnes naturalisées proviennent principalement du Maroc, de l’Italie, la Roumanie et la Pologne.  Au conseil communal, toutes les origines ne peuvent pas être représentées mais la diversité culturelle est tout de même présente: 10 élus sont d’origines étrangères (marocaines, turques, algériennes ou congolaises).

La population de la ville de Bruxelles a plusieurs nationalités et origines, mais elle a surtout deux langues principales: le français et le néerlandais.

La représentation des partis néerlandophones

La minorité néerlandophone bruxelloise est représentée par 8 sièges dans le conseil communal de Bruxelles ville contre 41 sièges francophones. Si ceci est représentatif de la communauté néerlandophone bruxelloise, Emilie van Haute, professeure en Sciences politiques à l’ULB, n’en est pas sure : « C’est compliqué d’estimer la proportion des néerlandophones à Bruxelles. C’est pas juste qu’on est francophone ou néerlandophones, on est souvent – on a parfois des ménages bilingue francophone-néerlandophone, mais aussi multilingue avec plein d’autres langues ». La dernière étude de BRIO (Brussels Informatie-, Documentatie- en Onderzoekscentrum) en 2013, démontre qu’il y a une baisse du néerlandais à Bruxelles comme langue unique dans les ménages bruxellois. Cependant, cette étude a été faite à travers les 19 communes de Bruxelles, et puisqu’il n’y a plus de recensement linguistique depuis 1947, il est difficile de dire combien de néerlandophones habitent à la commune de Bruxelles ville.

La composition du conseil communal de Bruxelles ville:

La plupart des partis néerlandophones forment une coalition avec les partis francophones lors des élections communales. Ceci veut dire que les électeurs reçoivent des listes bilingues. Cela diffère des élections régionales ou fédérales, où l’électeur doit d’abord faire un choix linguistique avant qu’il ne puisse voter pour un parti. « Si on choisi Français, on va avoir la liste des partis qui sont enregistrés comme des partis sur le rôle linguistique francophone et inversement pour les partis néerlandophones, » explique van Haute.

Bien qu’il y ait une baisse de la langue néerlandaise, il y a une hausse dans la présence des partis flamands dans le conseil communal de la commune Bruxelles ville. En 2006, il y avait 3 sièges au total, dont 1 du Open VLD (en coalition avec Vivant) et 2 pour le Vlaams Belang. Alors qu’en 2000, il y avait 2 sièges pour la coalition sp.a-Spirit-Groen, et 2 de nouveau pour le Vlaams Belang (jadis nommé Vlaams Blok).

Nombre de sièges des partis néerlandophones après les élections de 2000, 2006 et 2012:

La présence de conseillers communaux ou échevins néerlandophones n’est pas obligatoire, mais il y a un incitant financier. « C’est suite à la reforme de 2001 qui permet au communes, en améliorant, si on veut, la représentation de la minorité néerlandophone à Bruxelles, de recevoir une compensation financière, » enchaîne van Haute. Cet échevin s’ajoute donc au nombre légal d’échevins de la commune et doit appartenir à une liste ralliée à la majorité. Si aucun élu néerlandophone n’est voté, la majorité doit donc désigner un des candidats néerlandophones à la présidence du CPAS. Ceci n’est pas le cas pour Bruxelles ville, ayant Pascale Peraïta (PS) comme présidente du CPAS et Ans Persoons (sp.a) comme échevine surnuméraire.

 

Crédit image à la Une: wikipedia

Mehdi Toukabri, Arnold Delaroche Kamdem, Aline Bué et Ysabelle Vansassenbrouck

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