6 préjugés sur le harcèlement de rue

17-02-2016   Décodage

Capture d'écran youtube, campagne du gouvernement français contre le harcèlement de rue

Capture d’écran Youtube, campagne du gouvernement français contre le harcèlement de rue

Le problème est quotidien pour les femmes, le harcèlement de rue est présent partout et tout le temps. Une campagne de sensibilisation sur le harcèlement de rue dans les rues de Bruxelles en juin 2016. Son but ? Informer ! La population n’est pas suffisamment informée ce qui provoque de nombreuses incompréhensions et préjugés. 

« Je ne sais pas ce qu’est le harcèlement de rue »

La définition du « harcèlement de rue » est peu connue par la population. Selon l’association Stop ! Harcèlement de rue, le harcèlement de rue « sont les comportements adressés aux personnes dans les espaces publics et semi-publics, visant à les interpeler verbalement ou non, leur envoyant des messages intimidants, insistants, irrespectueux, humiliants, menaçants, insultants en raison de leur sexe, de leur genre ou de leur orientation sexuelle ». Le tumblr Paye ta Shneck recense des témoignages d’harcèlement sexiste subis par les femmes comme « Hey, où tu vas ? Réponds, où tu vas ? Attends, je viens avec toi ! » à Montpellier alors qu’elle tentait de repartir avec sa voiture.

« Je ne sais pas où commence le harcèlement de rue »

 Le harcèlement de rue ne commence pas avec une agression physique. Lorsqu’on interpelle une personne sans qu’elle soit d’accord pour entamer une échange, c’est une forme d’harcèlement de rue. La frontière de l’harcèlement de rue est floue pour certains mais comme rappelle Clara Gonzales d’Osez le Féminisme : « à partir du moment où une femme est mise mal à l’aise, c’est une forme d’harcèlement de rue ».

« Porter plainte ? Non la loi n’est pas de mon coté »

 Le documentaire de Sophie Peeters Femmes de la rue sorti en 2012 avait servi d’accélérateur pour la mise en place de mesures contre le harcèlement sexiste. Le 22 mai 2014, Joëlle Milquet, ancienne Ministre de l’Intérieur, a fait adopter une nouvelle loi contre le harcèlement sexiste. La loi sanctionne «  tout geste ou comportement, qui a manifestement pour objet d’exprimer un mépris l’égard d’une personne en raison de appartenance sexuelle, ou de la considérer comme inférieure ou de la réduire essentiellement à sa dimension sexuelle, ce qui porte une atteinte grave à sa dignité  ». Un harceleur identifié risque entre 50 et 125 euros d’amende et jusqu’à un mois de prison. Le manque de preuve complique l’identification de l’harceleur mais porter plainte est une double démarche. A la fois personnelle pour retrouver l’harceleur mais également collective, car « porter plainte permet d’identifier le phénomène et mieux le combattre  » souligne Clara Gonzales.

 « Le sensibilisation contre le harcèlement n’est pas utile »

 Le manque d’information est un problème majeur dans la lutte contre le harcèlement de rue, souligne de nombreuses associations féministes. Certaines femmes ne savent pas quand elle peuvent porter plainte, ce que représente ce phénomène ni comment agir lorsqu’on en est témoin. La régie autonome des transports parisiens (RATP) a lancé une campagne de sensibilisation avec le gouvernement français«  Face au harcèlement, ouvrons nos voix » pour lutter contre ce type d’harcèlement, trop fréquent dans les transports en commun. Selon Osez Le Féminisme, cette campagne a permis de voir doubler le nombre de dépôt de plainte pour harcèlement de rue en France. Bianca Debaets, secrétaire d’état pour l’égalité des chances a annoncé la mise en place d’une campagne de sensibilisation à Bruxelles dès juin 2016.

« Le harcèlement de rue n’existe que dans les grandes villes »

 Le harcèlement de rue n’est pas le problème que des grandes villes. « Le phénomène est plus concentré dans les grandes villes dû aux réseaux de transports plus développés », rajoute Clara Gonzales d’Osez le féminisme , mais « toutes les zones sont concernées ».

« Je ne sais pas quoi faire lorsque je suis témoin de harcèlement de rue »

“L’Effet Témoin” est une réalité. Les témoins d’harcèlement ou agression dans les lieux publics et semi-publics n’osent pas agir sur le moment pensant que quelqu’un le fera à leur place. L’immobilisme des témoins a une solution, le tumblr de Bande Dessinée Projet crocodile  propose des dessins ludiques pour savoir comment agir. En France, pour faciliter le signalement d’harcèlement dans les transports en commun, la RATP veut mettre en place un numéro d’urgence pour inciter les témoins à déclarer les agressions.

Ina Kasnija et Alice Lanneluc