société

Avec Joris Depouillon, on ne gaspille pas !

10-12-2015   Magazine

Joris Depouillon est le co-fondateur du Food Surplus Entrepreneurs Network, une entreprise luttant contre le gaspillage alimentaire et qui mène un certain nombre d’actions. Il est aussi le fondateur de la première bourse d’échange européenne de nourriture à Bruxelles. Focus sur un jeune entrepreneur responsable et ambitieux.

  C’est dans la bibliothèque de Muntpunt que me donne rendez-vous Joris Depouillon, un lieu un peu incongru pour parler de développement durable, mais peu importe.  Joris Depouillon a 25 ans, il a terminé ses études en ingénierie commerciale il y a maintenant deux ans. Son projet est de devenir un entrepreneur durable. Son combat, qui reste encore le même aujourd’hui, est de lutter contre le gaspillage alimentaire. Pendant un an, Joris a voyagé dans plusieurs pays pour observer, analyser et apprendre les différents modèles de lutte contre le gaspillage alimentaire qui peuvent fonctionner. « Le domaine du gaspillage alimentaire est encore  trop timide, il y a peu de modèles qui émergent », déclare-t-il. Lors de ses voyages, Joris va travailler avec plusieurs entrepreneurs durables sur des projets en Turquie, au Maroc et au Burkina Faso.  Au terme de cette année d’expérience, Joris va fonder, avec son amie Alice Codsi, le Food Surplus Entrepreneurs Network. Un projet ambitieux   Le Food Surplus Entrepreneurs Network propose une assistance et un support pour certaines entreprises qui font des efforts en matière de gaspillage alimentaire. Joris Depouillon me donne un exemple : « Nous avons aidé un restaurant à Anvers, il propose un menu d’une vingtaine d’euros à base de surplus alimentaire. C’est très fort pour un établissement de ce type ».  Une autre mission du FSE est de faire en sorte que les entreprises s’entraident en matière de gaspillage alimentaire, il y a cette volonté de créer un réseau d’entrepreneurs qui peuvent échanger. « Lorsqu’une entreprise dispose d’une innovation en matière de gaspillage alimentaire, l’objectif est qu’elle la partage avec les autres. » précise Joris.  La FSE permet également aux entreprises de se réunir pendant un week-end pour essayer de développer des idées. À la fin, les meilleures sont retenues et tout le monde peut en bénéficier. Le Food Exchange Café   Le Jeudi 1er décembre s’est tenu la 1 ère bourse d’échange européenne au bar Potemkine dans le quartier St-Gilles de Bruxelles. Joris Depouillon est l’instigateur de ce projet ou le « troc » devient le maître mot. « Parfois, les gens achètent trop et sont contraints de jeter le surplus. Le principe de ce projet c’est que les gens peuvent amener leur surplus ici et l’échanger contre d’autres produits dont ils ont besoin », détaille Joris. Sur l’événement de ce grand marché du troc, les gens se sont prêtés au jeu en négociant des produits, en redonnant de la valeur à la nourriture qu’ils s’apprêtaient à jeter.  Une cinquantaine de personnes a participé à l’événement et c’est une réussite pour Joris : « je suis satisfait du nombre de participants mais aussi et surtout de l’engouement suscité par l’événement. D’autres personnes veulent maintenant réitérer ce genre d’opérations après avoir participé à la notre. C’était vraiment le but de la démarche ».  

 

 Post Facebook du Food Surplus Entrepreneurs Network

FSE Network organized the first Food Exchange Café in Brussels on 3 December. The idea : empty your fridges/cupboards and…

Posté par Food Surplus Entrepreneurs Network sur mardi 8 décembre 2015

 

Quand on questionne Joris sur la COP21, sa réponse ne se fait pas attendre : « C’est une opportunité. Il faut qu’il en sorte un accord fort, que les pays comprennent que moins gaspiller c’est aussi moins polluer et moins dépenser. »

Maintenant, réfléchissez bien avant de jeter vos aliments à la poubelle.

Robin Poncelet

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