Bruno Gemenne, humaniste et militant aux sujets (im)pertinents

03-12-2015   Magazine
Actuellement 150 chefs d’états tentent de trouver un accord durable pour le climat dans le cadre de la COP21. A cette occasion nous avons rencontré un acteur de l’ombre, Bruno, coordinateur de l’organisation de jeunesse Ecolo J.

Une équipe de jeunes d’Ecolo J, accompagnés des 6 permanents (dont Bruno, deuxième en partant de la droite) au premier rang. Credit photo : Ecolo J

Ce  matin à Bruxelles, le soleil illumine les arbres de la place des Barricades. Allure décontractée et sourire paternel, Bruno met de suite à l’aise, l’ambiance est familiale. Autour d’un verre d’eau pétillante, l’entretien peut commencer.

Bruno est un liégeois de 29 ans, sa  licence de sociologie en poche, il s’installe sur les bancs de l’ULB pour un master en Relations Internationales et dès lors commence à participer aux actions menées par Ecolo J. Si c’est l’université qui développera son goût pour la politique, son attrait pour l’écologie est une histoire de famille. Sensibilisé dès leur plus âge, lui et ses frères se dirigent tous vers l’écologie. Une fois diplômé, il sera engagé le 6 décembre 2010 en tant que chargé de projet d’ecolo j ,« un beau cadeau de saint nicolas » comme il le dit. Au vu de l’actualité, depuis septembre Ecolo J est « à fond » sur les questions climatiques, en octobre a été réalisé une quinzaine sur le climat où chaque groupe régional a proposé une action pouvant prendre toutes les formes possibles et imaginables sur le climat. Ils répondent aussi présent à chaque grand rendez-vous de la société civile sur le climat.

Des membres jeunes et créatifs, cherchant à créer un collectif

Avoir entre 15 et 35 ans, et un message à faire passer sont les seuls prérequis pour être membre de l’association, qui en comptent plus de 900 à l’heure actuelle. Et ce sont eux qui la dirigent, pour Bruno en charge de l’organisation et du suivi des opérations « c’est vraiment important que les jeunes soient aux manettes et aient des responsabilités »Ce que ces jeunes viennent chercher et trouvent dans Ecolo j c’est une façon décalée d’intéresser le public (des membres ont passé 24h dans une cellule et ont ensuite réalisé une exposition pour sensibiliser le public aux réalités qui a eu un vif succès), mais aussi un collectif où des soupers d’accueil, des « apéros verts » sont organisés tous le long de l’année.

Une production originale et décalé des jeunes d’Ecolo J contrecarrant les clichés sur les éoliennes.

Une position politique qui ne craint pas la polémique

Si en ce moment l’heure est aux questions climatiques, Ecolo j est aussi là où on ne l’attend pas et s’intéresse à toutes les mouvances sociétales « on privilégie la prise en compte des réalités actuelles plutôt que de répéter des réflexes moraux, surannés et inefficaces ». En 2013, sur la question de la politique des drogues notamment. Ecolo j préconise une politique sociale et judiciaire allant à l’encontre des prises de décisions actuelles (comme l’instauration d’une délivrance contrôlée de drogues dans des lieux surs et hygiéniques : les salles de shoot..). Leur position provoquera une déferlante médiatique, Ecolo J, dans une indépendance totale, assumera son rapport jusqu’au bout.

Si depuis quelques mois les activités d’Ecolo J sont centrées sur le climat, le travail n’est pas terminé pour autant : « maintenant il y a la COP21 mais ensuite il faudra en tirer les enseignements et réagir à ce qui est sorti, ça ne s’arrête pas à la fin de la conférence  » . En attendant on retrouvera l’équipe d’Ecolo J le 6 décembre à Ostende avec le Climate Express, pour une mobilisation plus forte que jamais..