international

Élections européennes 2019 : tour d’horizon à cinq mois du scrutin

Les résultats des élections européennes de mai 2019 seront déterminants pour la composition du Parlement (crédit photo: Elise Legrand)
Elise Legrand, Margot Houget, Marie-Elisabeth de Spirlet
13-12-2018   Datajournalisme

Les citoyens de l’Union Européenne se rendront aux urnes en mai pour désigner leurs représentants au Parlement. À quelques mois du scrutin, les Européens ont livré leur opinion quant aux élections à venir.

Cinq mois, douze jours et quatorze heures. Le compte à rebours est lancé pour les élections européennes. Les bureaux de votes seront ouverts du 23 au 26 mai 2019, selon les pays.  

Les citoyens européens ne semblent pas accorder énormément d’importance à ces élections. En effet, seulement 49 % des citoyens interrogés considèrent que voter est d’une haute importance.

graph 1
Infogram

« Les élections européennes sont des élections de second ordre par rapport aux élections fédérales », explique Luca Tomini, professeur de sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles. « Les citoyens européens voient plus d’intérêt à voter lors des élections nationales. » Selon les différents pays, des disparités sont observables. Les Danois, par exemple, semblent plus concernés que les Tchèques et les Croates. « Tout est une question de culture politique. Traditionnellement, les pays de l’Est sont moins enclins à voter que les pays scandinaves », ajoute L. Tomini.

Les jeunes à la traîne

Les jeunes âgés de 18 à 24 ans prévoient le plus de s’abstenir.

Untitled infographic
Infogram

« Ce n’est pas spécifique aux élections européennes, les jeunes en général s’intéressent moins à la politique », analyse Luca Tomini. « Lors du Brexit, c’était également eux qui s’étaient abstenus le plus ». Un constat que ne partage pas Marine, étudiante à l’ULB : « Je ne vais pas m’abstenir. On a bien vu avec le Brexit que les jeunes ont moins voté et cela a eu un gros impact sur le résultat du scrutin ».

Le terrorisme en ligne de mire

Interrogés sur les sujets qui les préoccupent le plus, les Européens se sont rejoints sur la question de la lutte anti-terroriste.

Graph 2
Infogram

Les Français ont répondu à 60 % que ce sujet était capital. Selon Luca Tomini, ce n’est pas étonnant, car la France est le pays qui a été le plus touché par le terrorisme ces dernières années. Le thème qui arrive en deuxième position est la lutte contre le chômage des jeunes. Une thématique qui préoccupe Marine : « Aujourd’hui on n’est pas sûr d’avoir du travail en sortant de l’université ». Ce thème inquiète les habitants de nombreux pays touchés par la crise économique de 2008, comme l’Espagne ou le Portugal.

Graph 3
Infogram

Le réchauffement climatique n’arrive qu’en cinquième position des préoccupations des Européens. Pour Baptiste, étudiant à l’ULB, le climat est pourtant la thématique la plus importante pour les élections à venir. « En plus d’une écologie européenne, j’aimerais aussi voir une meilleure justice sociale », ajoute-t-il.

Concernant les résultats des votes, Luca Tomini s’attend à un grand bouleversement au sein du Parlement. « Avec le Brexit, les conservateurs britanniques quitteront le Parlement européen. On peut s’attendre à un déclin des partis traditionnels comme le Parti Populaire Européen (PPE) et le Parti Socialiste Européen (PSE), au profit des Verts et des partis d’extrêmes, droite ou gauche ». L. Tomini pressent donc une fragmentation du Parlement avec l’émergence de plusieurs petits partis.

L’avenir de l’Union Européenne se dessinera plus clairement au lendemain du 26 mai. En attendant, il reste cinq mois aux partis politiques pour convaincre les indécis (ou les moins concernés) de ne pas s’abstenir.

Source : Eurobarometer 2018

Créations éditoriales