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Les Agences Immobilières Sociales en augmentation depuis 20 ans

Les candidats locataires doivent s'inscrire en agence pour constituer un dossier de location. (Crédit photo: Xavier Verheyden)
Jamila Abarkioui, Marine Deschouwer, Guylaine Germain et Xavier Verheyden
20-12-2018   Datajournalisme

La Fédération des Agences Immobilières Sociales (FEDAIS) fête ses 20 ans ! L’ASBL comptait neuf agences lors de sa création en 1998 à Bruxelles. Désormais, elles sont au nombre de 23.

La FEDAIS coordonne les Agences Immobilières Sociales (AIS) de la Région Bruxelles-Capitale. Pour un loyer inférieur au prix du marché, le propriétaire est assuré d’une tranquillité de gestion et reçoit de nombreux services et garanties par les AIS. Le locataire, lui, bénéficie d’un logement de qualité à loyer modéré.
En 20 ans d’activité, le nombre d’agences a plus que doublé. Laurence Libon, coordinatrice de toutes les AIS bruxelloises, développe : « Les premières agences ont émergé des milieux associatifs à la fin des années 1970, puis les communes ont commencé à développer leurs propres AIS en 1998 ».

Aujourd’hui, ces agences rencontrent un franc succès. Cela s’illustre notamment par une véritable augmentation du nombre d’agences depuis 20 ans.

En rouge, les AIS issues de milieux associatifs ; en vert, les AIS communales nées en 1998 ; et en bleu, les AIS depuis 2000. À ce jour, toutes ces AIS sont actives. Source : Site web FEDAIS

Un succès considérable
Si le nombre d’agences a augmenté, c’est pour répondre à une demande de plus en plus grande de la part de la population. Un succès qui se justifie aussi par le bouche à oreille. Laurence Libon explique que « les gens satisfaits du système en ont pas mal parlé autour d’eux ». La FEDAIS a également participé à la croissance des agences, puisque celle-ci a organisé une campagne à travers les médias. Laurence Libon poursuit : « Il y a 5 ans peu de monde connaissait les AIS. Aujourd’hui, cela a considérablement changé ».
De plus, ces logements sont utiles aux personnes dans le besoin. Bernard Van Wynsberghe, le directeur de l’AIS Delta ajoute : « On a des gens qui habitent dans des logements insalubres, d’autres qui sont mis dehors lorsque le propriétaire vend. Certains n’ont même pas d’adresse ! ». Pour répondre à une forte demande des locataires et grâce à l’offre de propriétaires, le nombre de logements a considérablement augmenté ces 12 dernières années.

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Une longue attente pour les familles nombreuses
Tout le monde n’a pas accès aux logements des AIS. Trois conditions doivent être remplies pour espérer se voir attribuer un toit. Il ne faut être propriétaire d’aucun bien immobilier, bénéficier d’un droit de séjour et ne pas dépasser un certain seuil de revenus nets imposables. Pour une personne vivant seule par exemple, le plafond est de 22.560,13 euros par an. Il est plus élevé pour un ménage avec plusieurs revenus, puisque le plafond de revenus est fixé à 28.647,83 euros par an.
Une fois les conditions remplies, il faudra être patient car la liste d’attente est longue. À l’agence Delta, il y a plus de 1000 candidats pour 150 logements disponibles. « L’attente varie en moyenne de 3 à 5 ans », comme l’explique Bernard Van Wynsberghe. Les familles nombreuses restent plus longtemps dans l’attente, car les logements disponibles sont en majorité des studios et des appartements d’une ou deux chambres.

Des propriétaires aux multiples profils
Le système des AIS profite également aux propriétaires des logements. Leurs motivations sont diverses, comme l’explique Laurence Libon : « Le profil des propriétaires varie, on retrouve les personnes qui n’ont pas le temps de s’occuper de la gestion de leur location. Mais aussi ce qui ont déjà rencontré des problèmes auparavant avec des locataires et préfèrent alors léguer tout ça ». Un nouveau type de propriétaires se profile : l’investisseur. « Les investisseurs profitent des avantages que le système des AIS offre. Ils sont aussi de plus en plus nombreux, parce que l’épargne ne rapporte plus vraiment de nos jours. Les AIS sont ainsi vus comme un moyen sûr et éthique d’investir » souligne Laurence Libon. On retrouve donc dans ce système d’AIS des propriétaires privés, des promoteurs immobiliers. Parallèlement, certains logements sont fournis par les CPAS, les communes ou des ASBL.

Les personnes physiques sont les propriétaires qui confient le plus leurs biens aux AIS : en cinq ans, plus de 60 % des logements des AIS étaient fournis par ce profil de propriétaire. Au contraire, depuis 2014, les logements fournis par les personnes morales diminuent.

Le secteur des AIS bénéficie depuis des années du soutien des pouvoirs politiques. Ce soutien s’illustre notamment par la Ministre du Logement, Céline Fremault. Cette dernière veut rendre l’outil AIS le plus attractif possible et atteindre la barre des 5000 logements mis en AIS d’ici 2019.

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