Quand la photo expose les clichés autour du viol

26-10-2017   Magazine
Une semaine pour combattre la culture du viol, c’est le défi que se sont lancé 4 étudiantes de l’ULB et de la VUB. Parmi elles, Chloé de Meulenaer, étudiante en économie et passionnée de photographie. Elle met son talent au service d’une exposition « Les victimes se montrent ».

Selon une étude publiée par la Commission européenne en 2016
Infogram

La culture du viol a la dent dure en Belgique. Face à ce constat, le collectif Grr-Rape a décidé de réagir. Les 4 étudiantes derrière ce projet proposent une réflexion autour des comportements qui banalisent les viols et les agressions sexuelles. Leur ambition : déconstruire les idées reçues et faire évoluer les mentalités.

Une exposition photo sera ouverte à tous et toutes au Foyer culturel du Solbosch. Au-delà de la sensibilisation et la conscientisation qui en découle, le projet photo donne la parole avant tout aux victimes. Elles sortent du silence, s’exposent, c’est aussi une manière de se débarrasser de la culpabilité caractéristique des victimes d’agressions sexuelles. Démolir la culture du viol commence donc par renvoyer la culpabilité dans son camp : celui des agresseurs.

Une action positive

“On voulait vraiment s’éloigner des campagnes de sensibilisation déprimantes et noires, comme celle avec la rose déchirée. Une rose, elle ne se reconstruit pas. Ce n’est pas nous”, explique Chloé en faisant référence à cette campagne d’Elke Sleurs en février 2017.

« Du coup, je rencontre plein de gens super stylés, avec qui je discute, rigole, bois un café. C’est vraiment un chouette moment, loin d’être déprimant »

 “Nous sommes comme vous”

En exposant les victimes, les organisatrices veulent faire passer un message fort : les victimes sont des personnes comme tout le monde. Des hommes et des femmes qui rient, font des études, sortent avec leurs ami.e.s. L’image de la victime dépressive et seule est dépoussiérée. Le statut de victime ne définit pas les personnalités.

Selma Bouillard, une des organisatrices, sur sa page officielle “Luna’s Story.

Traduction : “Oui, j’ai été violée. Non, ça ne me définit pas.”

 

Une exposition à découvrir du 13 au 16 novembre 2017 sur le Campus du Solbosch à l’ULB.

crédits photo : Chloé de Meulenaer

edit : Hanan Harrouch