Tout savoir sur le virus Zika

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24-02-2016   Décodage
Zika, un mot médiatisé que l’on a souvent entendu ces derniers mois. Mais, qui a t’il derrière ce terme parfois incompréhensible et peu connu ? Voici 5 questions que tout le monde se pose pour mieux comprendre ce sujet délicat d’impact planétaire.

Qu’est-ce que le virus Zika et comment se transmet-il à l’homme ?

C’est en 1947 que le virus Zika a été identifié pour la première fois sur un singe dans une forêt ougandaise. Les premiers cas humains connus remontent à 1952 dans le même pays et en Tanzanie. D’autres cas ont ensuite été détectés en Afrique, mais n’ont pas donné lieu à de grandes épidémies. C’est dans les îles Yap en 2007 que la première épidémie du virus Zika s’est déclarée. Depuis 2014, le virus s’est répandu fortement en Polynésie française et en Amérique du Sud. Le premier cas a d’ailleurs été découvert en Belgique il y a peu, « J’ai diagnostiqué le premier cas Zika sur une jeune fille belge qui était partie au Guatemala en décembre dernier », explique Charlotte Van de Werve, spécialiste en médecine tropicale à la clinique St-Pierre-Ottignies.

Le virus Zika se transmet à l’homme par une piqûre du moustique tigre (Aedes aegypti), comme la Dengue et le Chikungunya. Le virus se transmettrait aussi par voix sexuelle, voire par l’urine et la salive, selon un institut de recherche scientifique brésilien qui a annoncé avoir détecté ce virus par ces voix.

 Historique du virus Zika ci-dessous :

 

Quels sont les symptômes de ce virus ?

Habituellement, le virus Zika se traduit par des symptômes bénins chez les hommes quelques jours après la piqûre (3 à 12 jours). Une grande partie des sujets atteints présentent une fièvre légère et une éruption cutanée, parfois accompagnées d’une conjonctivite, de douleurs musculaires et articulaires. Ces symptômes disparaissent généralement entre 2 et 7 jours.

Le virus s’avère dangereux lorsqu’une femme enceinte se fait piquer par le moustique infecté. Les nouveau-nés peuvent être atteints de la microcéphalie. Une anomalie rare du nourrisson qui consiste en une petitesse excessive de la tête. Elle est due au développement anormal du cerveau de l’enfant dans l’utérus ou au cours de la petite enfance. Cette hypothèse n’est pas encore scientifiquement prouvée, mais les femmes enceintes infectées par le virus ont plus de nourrissons présentant cette anomalie. « Une étude a montré qu’au Brésil il y avait un nombre de microcéphalies plus élevé depuis l’apparition du virus Zika. On pense donc fortement qu’il y a un lien entre les deux », affirme Charlotte Van De Werve.

Une autre hypothèse est celle du syndrome neurologique de Guillain-Barré, une maladie qui atteint les racines nerveuses et provoque des troubles sensitifs et des paralysies. Dans 85 % des cas, les symptômes disparaissent après quelques semaines. Mais, dans les cas les plus graves, les muscles respiratoires restent atteints et le malade nécessite une assistance respiratoire.

Quelles sont les zones géographiques touchées ?

Le virus Zika se propage actuellement à toute vitesse. Après avoir infecté 55.000 personnes en Polynésie en presque trois mois fin 2013, cette maladie sévit depuis fin 2015 sur le continent américain. Et depuis peu, certains cas s’exportent : une trentaine de pays ou territoires sont désormais touchés, en Europe et en Asie.

Les personnes atteintes du virus Zika en Europe et en Asie sont des cas importés. En d’autres termes, ces personnes ont attrapé le virus au cours d’un voyage en Amérique. Lorsqu’ils sont revenus sur leur continent, ils ont emporté le virus avec eux.

« Il n’y a pas de danger de propagation du virus en Belgique, le moustique qui transmet le Zika ne se trouve pas en Belgique. Le climat belge ne convient pas au moustique, » indique la spécialiste en médecine tropicale.

Éclairage chiffré, avec la cartographie ci-dessous :

Quelles seraient la ou les solution(s) pour éradiquer ce virus ?

Aucun traitement n’est actuellement disponible sur le marché. Charlotte Van De Werve ajoute même que « trouver un vaccin prend plusieurs années. Par exemple, ça fait déjà 7 ans que l’on essaye de trouver un vaccin pour la dengue, encore introuvable à ce jour. Donc ce n’est pas pour tout de suite que l’on trouvera un vaccin contre le virus Zika. »

Des mesures individuelles doivent donc être prises dans les pays à risques, comme la destruction des larves ainsi que les gîtes potentiels de reproduction des moustiques autour et dans l’habitat. Il faudrait également se protéger des piqûres de moustiques en portant des vêtements longs, en utilisant des répulsifs cutanés ainsi que des moustiquaires.

Les Jeux olympiques au Brésil seront-ils maintenus ?

L’épidémie Zika « ne compromet pas » la tenue des Jeux olympiques, qui se déroulera à Rio de Janeiro en août 2016. C’est ce qu’a affirmé la présidente brésilienne, Dilma Rousseff.

« Le Zika n’est pas nouveau, c’est un virus qui existe à différents endroits, maintenant il est juste épidémique. Le Brésil a donc dû prendre des mesures de santé publique pour diminuer la transmission du virus. Il y a toute une concertation médicale qui est faite au préalable. Mais c’est évident que je déconseille sérieusement les femmes enceintes d’y aller », assure la spécialiste de la médecine tropicale.

Elodie Badets et Saskia Violette de Noircarme