politique

Un tiers de femmes au collège communal : la théorie en pratique

L'administration communale de Comblain-au-Pont n'aura qu'une seule femme dans son collège, alors que la loi en promettait au moins deux. (Photo: Kristin Myshkin)
Kristin Myshkin
31-10-2018   Magazine

 

Cette année, les collèges communaux ont l’obligation d’être composés d’un tiers de femmes minimum. En théorie. En pratique, le décret ne s’applique pas si facilement. Exemple de Comblain-au-pont.

Dans la commune wallonne de Comblain-au-Pont, située en province de Liège, seule une femme est présente au collège communal. La nouvelle échevine est entourée de trois pairs masculins, d’un président du CPAS masculin et d’un bourgmestre… masculin.

Pourtant, en septembre 2017, le Parlement wallon avait adopté un décret exigeant un minimum d’un tiers de représentants du même sexe au collège communal. Pourquoi la petite commune liégeoise d’à peine plus de 5 000 habitants fait-elle exception ?

Tout simplement car les habitants du village n’ont pas voté pour les femmes. En effet, Initiatives Communales (IC), la liste du bourgmestre, avait remporté les élections avec la majorité, comptabilisant 10 sièges. Mais dans le classement des voix de préférences, sur une liste qui présentait pourtant une parité, seule une femme du parti a pu intégrer le conseil communal. “Je suis le premier à être surpris. Je n’ai aucune explication. On avait pourtant une bonne candidate deuxième de liste mais qui n’a pas été élue”, réagi Jean-Christophe Henon, bourgmestre de Comblain-au-Pont.

Une dérogation satisfaisante

Pour cet état de fait, un assouplissement du décret existe : “une possibilité de dérogation dans le cas où les groupes politiques liés par le pacte de majorité ne comprendront pas de membres d’un des sexe en nombre suffisant”, Union des Villes et des Communes de Wallonie (UVCW).

Le bourgmestre de Comblain-au-Pont est bien satisfait d’avoir obtenu la dérogation et ne pas devoir modifier la composition du collège. Selon lui, cette réforme est anti-démocratique : “Ce décret n’apporte rien de nouveau, en tout cas au niveau de la gestion d’une commune”. Il ajoute : “Ce n’est pas une question de sexe, c’est une question de justice, de démocratie et du respect du vote de la commune”.

 

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